Communiqué



Gilles Latulippe, roi du burlesque, n'est plus

23 Septembre 2014 - Le célèbre comédien québécois Gilles Latulippe est décédé tôt ce matin à l'Hôpital général de Montréal. M. Latulippe est mort à la suite de complications liées à un cancer du poumon dont il souffrait depuis plusieurs années.

M. Latulippe, qui a eu 77 ans le 31 août dernier, avait été hospitalisé le 22 août pour une pneumonie, mais son état s'est détérioré.

Il y a deux mois à peine, le Festival Juste pour rire rendait hommage à ce grand de l'humour pour ses 55 ans de carrière, en sa présence, à la salle Wilfrid-Pelletier à Montréal. Il était aussi en vedette cette année dans Salut Cocu sur la scène de son théâtre d'été, à Drummondville.

Gilles Latulippe a fait rire les Québécois pendant près d'un demi-siècle tant au petit écran que sur la scène de son Théâtre des Variétés. Plusieurs le qualifient du dernier de la lignée de la lignée des grands comiques du burlesque, lui qui a mené sa carrière sur plusieurs fronts.

« Autant les gens ont besoin de rire autant moi j'ai besoin de faire rire », avait-il déclaré au cours d'une entrevue accordée en 1977. « Je suis très heureux sur la scène quand j'entends rire. J'ai rien qu'une bonne oreille de bonne, mais je vous jure que les rires je les entends. »

Un comique né
Enfant espiègle et joueur de tours, Gilles Latulippe a provoqué les rires dès sa tendre enfance. Il préférait écrire des blagues plutôt que d'aller à l'école au grand dam de son père, Eugène, qui aurait bien voulu que son fils reprenne la quincaillerie familiale.

Gilles Latulippe a fait ses grands débuts en 1959 en incarnant le personnage du frère Nolasque dans la pièce « Bousille et les justes ». Sa prestation est très bien accueillie par le public et la critique. Mais sa rencontre avec Olivier Guimond, au début des années 1960, sera déterminante pour la suite de sa carrière. C'est ce dernier qui lui donne l'idée d'ouvrir un théâtre afin de présenter des spectacles burlesques. Un genre pourtant dépassé qui a connu son apogée dans les années 1930 et 1940.

C'est ainsi qu'en 1967, à l'âge de 29 ans, il achète un théâtre désaffecté pour fonder le Théâtre des Variétés. Il dirigera l'institution jusqu'à sa fermeture en 2000.

Pendant 30 ans, il jouera dans des émissions populaires comme Cré-Basile, les Brillant, Poivre et Sel et Symphorien.

Au début des années 1990, il relève un nouveau défi en animant une émission quotidienne. Avec Suzanne Lapointe, dont le rire légendaire en faisait la complice idéale, il animera Les démons du midi qui tiendront l'antenne pendant six ans. En plus d'animer l'émission, il écrira plus de 800 sketches pour l'émission.

Bourreau de travail, il trouve le temps - entre ses contrats à la télévision et la direction du théâtre - d'écrire une trentaine de pièces de théâtre et de comédies musicales. Il connaît un immense succès et dispose d'un large public provenant des quatre coins de la province.

Mais le temps, qu'il a habilement déjoué pendant plusieurs années, finit par le rattraper. Faute de relève, le Théâtre des Variétés doit fermer ses portes en 2000, 33 ans après son ouverture. À l'occasion de la présentation de sa dernière pièce « La course au mariage », Gilles Latulippe, ému, reçoit une ovation dès son apparition sur la scène.

Malgré un succès d'estime auprès du public, la critique n'a jamais été tendre à l'égard de Gilles Latulippe jugeant ses textes trop faciles et simplistes. Une critique qui ne semble pas l'atteindre puisqu'il déclare en entrevue en 1977 : « La seule critique valable à mes yeux c'est la salle, ce sont les gens. »

Cette reconnaissance du public il l'obtiendra à plusieurs reprises. Il déroche le prix « Affection Olivier Guimond » en 1972, un Métrostar « coup de cœur » en 2000 et il sera fait Chevalier de l'Ordre de la Pléiade cette même année.

La consécration du milieu artistique ne lui viendra qu'en 2007 après 48 ans de loyaux services. Il recevra le grand prix de l'Académie lors du Gala des Gémeaux.


Source : Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Gilles Latulippe n'est plus. Les précisions de Tanya Lapointe.







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