Communiqué



Jana Sterbak, lauréate du prix du gouverneur général

28 Février 2012 - Jana Sterbak
lauréate du prix du gouverneur général
en art visuels et en arts médiatiques 2012


Le Musée national des beaux-arts du Québec félicite Jana Sterbak, nommée lauréate du Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques 2012, à la suite d’une mise en candidature soutenue par le MNBAQ et sa directrice générale, Mme Line Ouellet. « L’oeuvre de Jana dérange, questionne, ce qui est le propre des grands artistes. Elle repousse les limites de ce qu’est l’art et nous rappelle sans cesse notre propre impermanence dans un monde où domine l’illusion des apparences. La cohérence et la force de ce travail depuis plus de trente ans font de Jana Sterbak une des artistes majeures non seulement au Canada mais sur la scène internationale. Le MNBAQ a présenté sa candidature avec la conviction qu’elle méritait les honneurs du prix du Gouverneur général et nous la félicitons chaleureusement », de dire Mme Ouellet.

Jana Sterbak est une des rares artistes à provoquer des débats d’idées à grande échelle, et cela, indépendamment du milieu. Par son audace, elle a repoussé les limites de ce qui est communément admis comme oeuvre d’art, marquant ainsi profondément notre imaginaire et notre horizon culturel. Elle a aussi contribué de manière significative à l’avancement de la réflexion féministe au Canada par tout son travail sur la corporéité. Son oeuvre – oeuvre de femme et, de surcroît, de femme émigrée de Tchécoslovaquie à la fin des années 1960 – est l’image même du vent de désillusion qui souffle sur le monde depuis le déclin des grandes idéologies modernistes dans les années 1970. Sa portée sociale et philosophique, trop souvent négligée, trouve encore toute sa pertinence dans les questionnements culturels et sociaux qui animent la société actuelle.

L’exposition organisée par le Musée des beaux-arts du Canada en 1991 révélait au public l’oeuvre de Jana Sterbak. Après que les hauts-cris provoqués par Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique se soient tus, le public découvrait une production artistique intelligente et profondément touchante. L’artiste revient toujours à l’être humain comme sujet; homme ou femme, c’est nous-mêmes qui sommes mis en scène, nos angoisses mises à nu, soumises au regard de l’autre, à son contrôle…

Devant L’Homme générique au code-barres tatoué sur le cou, devant la crinoline mécanique contrôlée à distance, devant le lent spectacle de la fonte et de l’écroulement des sièges de glace dans Dissolution (Auditorium), c’est toujours nous-mêmes qui sommes appelés, par métaphore, à prendre part à l’oeuvre et à faire face à la fragilité et au caractère périssable de notre être. Tel est le caractère éphémère de notre existence, tel est l’extraordinaire pouvoir d’évocation de l’oeuvre de Jana Sterbak. Le Musée des beaux-arts du Canada (1991), la Fondation Tàpies de Barcelone (1995), la Serpentine Gallery de Londres (1996), le Museum of Contemporary Art de Chicago (1998) et le Carré d’art de Nîmes (2005-2006), entre autres, lui ont consacré d’importantes rétrospectives. Son travail a aussi fait l’objet de nombreuses expositions collectives au Canada, aux États-Unis et en Europe. En 1990, elle participait à l’exposition Aperto à la Biennale de Venise et, en 2003, elle représentait le Canada à ce même événement réputé et très couru. Les oeuvres de Jana Sterbak font partie des principales collections québécoises et canadiennes ainsi que de collections européennes et américaines. L’artiste a obtenu plusieurs prix d’importance, parmi lesquels le prix Ozias-Leduc de la Fondation Émile-Nelligan (1996) et le prix Chalmers (2000).

Au cours des années, le Musée national des beaux-arts du Québec a manifesté son engagement indéfectible à l’égard du travail de Jana Sterbak, aussi bien par des acquisitions que par des expositions. Outre la présentation de l’installation Dissolution (Auditorium) peu après son acquisition en 2007, mentionnons la participation de l’artiste aux expositions Un archipel de désirs : les artistes du Québec et la scène internationale (1991), Intrus/Intruders (2008) et Emporte-moi/Sweep me off my feet (2009). Aujourd’hui, le MNBAQ célèbre le couronnement de Jana Sterbak, lauréate du Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques 2012. Un prix d’exception à une artiste d’exception.

Les Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques sont financés et administrés par le Conseil des arts du Canada et sont remis pour la 13e année. Ces prix reconnaissent la carrière exceptionnelle d’artistes canadiens des arts visuels et des arts médiatiques ainsi qu’une contribution remarquable sous forme de bénévolat, de philanthropie, de participation aux travaux de conseils d’administration, d’activités de rayonnement communautaire ou d’activités professionnelles. En plus d’une bourse de 25 000 $ du Conseil des arts, Jana Sterbak recevra un médaillon spécialement commandité par la Monnaie royale canadienne. Une exposition au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) soulignera, du 30 mars au 17 juin 2012, l’octroi de ces prix.



Source : Marie-Hélène Raymond







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