Communiqué



Casse-Noisette (1964)

29 Novembre 2011 - Les Grands Ballets Canadiens de Montréal
Grandimir Pankov, directeur artistique
Casse-Noisette
(1964)


Chorégraphie : Fernand Nault
Musique : Piotr Illitch Tchaïkovski
Décors : Peter Horne
Costumes : François Barbeau
Éclairages : Nicholas Cernovitch

Prologue
Devant la maison de l’échevin von Stahlbaum.

Acte I
C'est la veille de Noël, et l’échevin von Stahlbaum donne une fête pour ses enfants et ses amis. Parmi les invités, se trouve le parrain de la petite Clara, le docteur Drosselmeyer, qui, dit-on, a des pouvoirs magiques. Il offre à sa filleule un casse-noisette. Clara reçoit aussi, de ses grands-parents, une paire de souliers magiques. Or, Fritz, le frère de Clara, est jaloux et brise le casse-noisette de sa soeur que le docteur s’empresse de réparer. Tous dansent autour de l’arbre de Noël et du casse-noisette, et la soirée se termine dans la joie.

Quand la fête est finie et que tous sont endormis, Clara descend au salon et s’endort avec son casse-noisette. Des souris, des rats et des soldats de plomb envahissent la pièce. Les souris et les rats s’engagent dans une bataille contre les soldats. Clara se voit soudain devenir la proie des rongeurs, et grâce au docteur Drosselmeyer, le casse-noisette s’anime et vient à sa rescousse. Le casse-noisette et le roi des rats s’engagent dans un duel jusqu’à ce que le casse-noisette risque d’être tué par le roi des rats. Clara, l’héroïne, lance de toutes ses forces son soulier magique à la tête de l’animal et l’élimine ainsi du combat. En récompense de cet acte de bravoure, le docteur Drosselmeyer métamorphose le casse-noisette en prince. Celui-ci emmène Clara au Pays des neiges. Elle danse avec les flocons et son prince l’entraîne au Royaume des friandises.

Acte II
Clara et le prince sont accueillis par la fée Dragée et son cavalier. Le prince leur raconte comment Clara lui a sauvé la vie. On donne une grande fête en l’honneur de Clara, où elle reçoit des friandises et voit déferler devant elle une série de divertissements qui se terminent par un grand pas de deux. Après avoir dansé pour elle, la fée Dragée rappelle à Clara qu'elle doit rentrer chez elle. Un grand cygne aux ailes d'or la prend sur son dos et la ramène à la maison.


Salle Wilfrid-Pelletier
175, rue Sainte-Catherine Ouest | Montréal, QC, H2X 1Z8
10-11-17-18-20 au 23 et du 26 au 30 décembre 2011
14h / 19h30
Lecture du conte : une heure avant les représentations.

3 façons d'acheter des billets
1. Réservez en ligne sur laplacedesarts.com
2. Au téléphone du lundi au samedi : 9h à 20h au 514 842-2112 ou 1 866 842-2112
3. Aux guichets de la Place des Arts :
Lundi au samedi : 12h à 20h30 (ou une demi-heure après le lever du rideau)
Dimanche et jours fériés : horaire selon l'heure des représentations.



Un bref historique de
Casse-Noisette


Doté d’un sens aigu de la danse, Tchaïkovski composa trois célèbres ballets : Le Lac des cygnes, un fiasco lors de la première à Moscou (1877), La Belle au bois dormant, un triomphe (1890), et Casse-Noisette, un succès mitigé à sa création en décembre 1892 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg.

Après le succès de La Belle au bois dormant, Vsevolojski, directeur des Théâtres impériaux, prend la décision d’inscrire au répertoire du Théâtre Mariinsky un autre grand ballet réalisé en collaboration avec Tchaïkovski et Marius Petipa. Ce dernier tire le livret de Casse-Noisette d’une version française écrite par Alexandre Dumas et inspirée d’un conte de E.T.A. Hoffmann, Le Casse-Noisette et le Roi des rats. Tchaïkovski écrit certaines parties de l’oeuvre aux Etats-Unis, où il est invité comme chef d’orchestre à l’inauguration du Carnegie Hall (1891). Il fait venir tambours, trompettes et jouets d’enfants de l’étranger et introduit, dans les variations de la fée Dragée, un instrument nouveau pour l’époque, le célesta. Signalons que la partition jouée comme suite symphonique, en mars 1892, connut plus de succès que le ballet.

Petipa, malade, se fit remplacer par son second, Lev Ivanov, qui réussit à créer pour ceballet des scènes et des figures d’une grande richesse d’invention. Les danses de la fête du début, le comportement de vrais enfants, la caractérisation des poupées mécaniques, la scène de bataille entre les petits soldats et les rats, la merveilleuse idée des flocons de neige et la beauté classique des pas de deux sont parmi les éléments qui, aujourd’hui, font de Casse-Noisette l’un des chefs-d’oeuvre incontestés de la danse. Ce succès a certainement été favorisé par la brillante musique de Tchaïkovski qui exprime parfaitement le monde de rêve de Clara, la jeune héroïne du ballet.

Maintes fois repris depuis sa création, Casse-Noisette est inscrit aujourd’hui au répertoire de nombreuses compagnies. En Russie, il faut citer la version de Vainoven (Kirov, 1934), qui a remplacé celles de Gorsky (1917) et de Lopukhov, (1929), et la version de Grigorovitch (Bolchoï, 1966). Dans les pays occidentaux, Casse-Noisette exerça le même attrait : retenons le Casse-Noisette de Sergueïev pour le Vic-Wells Ballet à Sadler’s Wells à Londres (1934), avec Alicia Markova, première fée Dragée en Grande-Bretagne ; celui de Boris Romanov pour les Ballets de Monte-Carlo (1936) ; celui de Rudolf Noureïev présenté au Théâtre Royal (1968) et repris à la Scala (1969), avec Noureïev dans les rôles de Drosselmeyer et du Prince ; et enfin, celui de John Neumeier pour le Ballet de Francfort (1971). À Paris, c’est d’abord à l’Opéra-Comique, sous une forme écourtée, qu’on présenta Casse-Noisette, dans une version de Jean-Jacques Etchevery (1947), puis dans une chorégraphie de Michel Rayne (1965). Roland Petit, avec les Ballets de Marseille, présenta une version moderne et fantaisiste de Casse-Noisette (1976). Aux États-Unis, le ballet fut présenté pour la première fois en 1940, par les Ballets Russes de Monte-Carlo. Depuis, Balanchine en a donné une nouvelle version (1954) qui a obtenu un succès éclatant. Mikhaïl Baryshnikov remania aussi Casse-Noisette à l’American Ballet Theatre (1976).


Fernand Nault parle
de Casse-Noisette


« En 1963, j'occupais le poste de directeur artistique du Louisville Ballet (Kentucky). J'assumais cette fonction dans mes temps libres tout en travaillant à l'American Ballet Theatre à New York. Le Louisville Ballet présentait chaque année deux programmes, l’un à l'automne et l'autre au printemps. J'avais suggéré au président du conseil d'administration de créer Casse-Noisette la saison suivante. Nous avions donc un an pour trouver les fonds nécessaires à la réalisation de cette production. Cela me donnait aussi assez de temps pour réfléchir à ma démarche et pour me familiariser avec la partition musicale. Quelques semaines plus tard, le président m'appela à New York et m'annonça que le Conseil des Arts avait octroyé une bourse afin de concrétiser le projet et que Casse-Noisette devait être créé avant la fin de l'année. Je ne disposais plus que de six semaines pour réaliser le ballet. Je n'avais pas le choix, il fallait plonger.

En peu de temps, nous avons organisé des auditions pour recruter des centaines d'enfants venant de tous les studios de danse du Kentucky. Ces enfants prenaient part à certaines scènes : la fête, la bataille et certains divertissements. Mes journées de répétitions commençaient à 10 heures pour se terminer vers 22 heures. Après les répétitions, je visitais l'atelier des costumes et je travaillais, avec la collaboration d'un scénographe, à la constitution des maquettes, des décors et des accessoires. Jour après jour, je créais sous l'impulsion du moment.

Le ballet Casse-Noisette a marqué différentes périodes de ma vie. J’ai fait mes débuts sur scène dans Casse-Noisette au Monument-national. Casse-Noisette est le premier ballet classique que j'ai conçu, et ma première création pour Les Grands Ballets Canadiens.

Ma plus grande satisfaction d'année en année est de voir grandir les enfants. Tout petits, ils interprètent une souris, puis un enfant de la fête. Puis, les garçons doivent attendre quelques années avant de se joindre au nombre des rats. Pendant ce temps, les filles se transforment en anges bonbon-mousse. Par après, elles font partie de la Suite de l'Orientale et de la Valse des fleurs et dansent dans la scène de la neige. À ce stade, certaines sont acceptées dans la compagnie. C'est alors qu'elles interprètent l'Espagnole, l'Orientale, le Chinois, une des Gouttes de rosée ou la soliste de la Valse des fleurs. Le succès de Casse-Noisette, je l'attribue à plusieurs choses : au charme des enfants dans la scène de la fête, à un sentiment de nostalgie qui nous rappelle que la société vivait plus sereinement à cette époque, à l'innocence de la jeune Clara, à la danse classique merveilleusement interprétée sur la célèbre partition de Tchaïkovski. Le deuxième acte brille par la diversité des danses. Les éclairages apportent à chaque divertissement sa couleur propre. La fusion du réalisme et du fantastique engendre chez les petits comme chez les grands un plaisir fou et grandissant depuis maintenant 100 ans. »
- Fernand Nault



Source : Les Grands Ballets Canadiens de Montréal







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