Communiqué



Le RAAV dénonce des coupures dramatiques

22 Mai 2010 - BAnQ et Hydro-Québec :
Le RAAV dénonce des coupures dramatiques
pour les artistes en arts visuels

Coup sur coup, deux grandes sociétés d’État québécoises viennent d’annoncer des coupures drastiques dans les acquisitions d’oeuvres d’art visuels. Trop c’est trop ! Le Regroupement des artistes en arts visuels du Québec dénonce ces décisions et réclame une intervention de la Ministre St-Pierre auprès de la BAnQ et d’Hydro-Québec en faveur des artistes.


« C’est compréhensible que l’État québécois cherche à couper dans ses dépenses et qu’il demande d’en faire autant aux sociétés publiques dont il a la responsabilité; mais faut-il que ça se fasse sur le dos des artistes qui sont parmi les plus mal pris de la société québécoise ? » s’insurge Lise Létourneau, présidente du RAAV.

Pour Odette Théberge, vice-présidente du RAAV, cela sème la colère et l’inquiétude dans tout le milieu des arts visuels : « Pour plusieurs artistes, les collections publiques sont une source de revenu récurrente, pour d’autres occasionnelle, mais au bout du compte c’est la collection publique qui est perdante. Est-ce que d’autres coupures suivront ? »

Comparée au chiffre d’affaires d’Hydro-Québec et aux généreux bonis offerts à ses cadres, l’annonce de ce gel des acquisitions à hauteur de 200 000 $ serait risible s’il n’était pas aussi dramatique pour les artistes qu’il pénalise. Rappelons que les artistes en arts visuels ont vu leur revenu décroître de près de 30% entre 2000 et 2005 selon les données de Statistiques Canada. Rappelons également que plusieurs études concordent pour établir le revenu annuel moyen provenant de la carrière artistique en arts visuels bien en deçà du seuil de pauvreté, soit autour de 12 000 $.
Quant à la BAnQ, la décision de réduire à presque rien le budget d’acquisition d’estampes originales est difficilement compréhensible quand on réalise l’importance d’enrichir la collection nationale d’oeuvres de nos artistes estampiers afin de les conserver pour la postérité. Elle est surtout très difficile à prendre pour un bon nombre d’artistes de l’estampe qu’on oblige à déposer une copie de leurs oeuvres en vertu de la Loi sur le dépôt légal. Traités comme s’ils étaient des éditeurs de livres ou d’affiches, on demande aux artistes de l’estampe de donner l’une de leurs oeuvres sans compensation malgré leurs coûts de fabrication parfois très élevés. Rappelons qu’une oeuvre produite en série limitée est une oeuvre d’art originale de plein droit et que son acquisition mérite une juste compensation.

Pourquoi demande-t-on constamment aux artistes en arts visuels de donner leurs oeuvres? Est-il donc si extraordinaire qu’ils soient rémunérés pour leur travail ? La BAnQ vient d’ouvrir une exposition sur l’estampe au Québec depuis 1980; si on avait pris la décision de réduire les acquisitions à presque rien au cours des dernières décennies, qu’aurait-on à montrer au public d’aujourd’hui ?

L’association nationale des artistes en arts visuels du Québec dénonce ces décisions prises par BAnQ et Hydro-Québec comme étant des mesures à courte vue qui pénalisent inutilement tout un milieu artistique et le public québécois. La BAnQ et Hydro-Québec doivent absolument renverser ces décisions et même accroître leurs budgets d’acquisition pour continuer à enrichir leurs collections et aider les artistes du domaine des arts visuels à traverser la période de crise économique actuelle. C’est pourquoi le RAAV demande à la Ministre St-Pierre d’intervenir auprès des dirigeants de ces sociétés d’État en faveur des artistes en arts visuels du Québec.



Source : Christian Bédard, DG - RAAV







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