Les expositions au Frac, à Carquefou

15 Août 2007 -
MANHATTAN ENGINEERING DISTRICT
Henrik Plenge Jakobsen
exposition jusqu'au 7 octobre 2007
Salle Jean-François Taddei



Une des particularités du travail de l’artiste danois réside dans la façon dont celui-ci agit comme une mauvaise conscience. Mettant en valeur un sentiment diffus de crise sociale et de malaise existentiel, il interroge et dresse les symptômes d’une atmosphère et d’un climat apocalyptique. Parfois provocateur, Henrik Plenge Jakobsen conçoit l’art comme un espace critique, le lieu d’une remise en question de valeurs et de données.

Le titre de l’exposition d’Henrik Plenge Jakobsen Manhattan engineering district est directement issu du nom du projet de recherche américain qui a eu comme objet le développement de la première bombe atomique. Le Manhattan project, inspiré par les premières prospections des scientifiques nazis pendant les années trente, se solda par l’explosion de la première bombe le 6 juillet 1945 à Alamogordo au Nouveau-Mexique. Le premier test de la bombe atomique s’est appelé Trinity, nom de code préservant le secret, et nom du site sur lequel s’effectua l’essai, qui donna ensuite le terme trinite désignant la roche impressionnée par la radioactivité de la bombe. Le Manhattan project s’est notamment alimenté de la découverte de la fission nucléaire, du passage de l’atome au modèle nucléaire, jusqu’à l’expérimentation de la réaction nucléaire en chaîne.

Sur le mode d’un agencement plastique, oscillant entre musée d’un nouveau genre et présentation de fragments clés de cet événement, l’exposition d’Henrik Plenge Jakobsen retrace ce fait qui a marqué l’histoire. La salle Jean-François Taddei, baignant dans une semi pénombre et une ambiance énigmatique, Manhattan engineering district s’apparente à un ensemble fictionnel questionnant notre mythologie contemporaine. Par le biais du ready made et du remake, le projet de l’artiste procède de l’apparition, de l’atmosphère cinématographique. Manhattan engineering district interroge ce moment qui influença et modifia de manière brutale les années qui suivirent et dans lesquelles nous évoluons encore : les développements récents de l’actualité mondiale en témoigne. Malgré l’aspect inquiétant, il met en valeur en outre l’ambivalence du projet nucléaire et la complexité de ses problématiques, notamment dans ses conséquences géopolitiques.

Réflexion sur la notion de modernité pour les sciences ainsi que pour les arts, Manhattan engineering district montre aussi la conception et la représentation d’une sculpture qui a muté et qui est passé à une forme atomique, éclatée et diffuse. L’exposition d’Henrik Plenge Jakobsen se compose ainsi de plusieurs éléments reconstituant de façon symbolique, spatiale et matérielle le Manhattan project : une réplique à l’échelle une du Gadget, nom de la première bombe, une projection de diapositives présentant des images d’archives des préparatifs de l’événement, un tableau sur lequel est inscrit des équations et des formules scientifiques, une voiture américaine de l’époque, une maquette en bois du modèle de l’implosion nucléaire, une vitrine dans laquelle est disposé un compteur Gegeir testant de la trinitite exposé a du plomb radioactif.



INSTANTANNÉ
Regina Möller
exposition jusqu'au 9 septembre 2007
Salle Mario Toran



L’artiste y présente son travail autour de l’oeuvre Wendemantel récemment entrée dans la collection du Frac. Née en 1962 à Munich, Regina Möller exploite des matériaux de base empruntés à la culture de masse dans leur relation à la vie quotidienne en général, et à sa propre vie en particulier. À travers ces catégories, elle interroge les modes de production, de diffusion et de réception de l’art et conteste ainsi le credo de l’autonomie de l’art. Elle crée ainsi son propre label Embodiment, collection de vêtements réalisée à la manière d’une vraie styliste et produit un magazine intitulé Regina, véritable réplique d’un magazine féminin.



ROUGE BAISER
OEUVRES DE LA COLLECTION DU FRAC DES PAYS DE LA LOIRE
exposition jusqu'au 1er septembre 2007



HANGAR À BANANES ET HÔTEL DE RÉGION
ÎLE DE NANTES (44)
quai des Antilles - 44200 Nantes
exposition ouverte tous les jours - 14h à 20h


Saâdane Afif, Roy Arden, Sven Augustijnen, Maja Bajevic, Richard Baquié, Cécile Bart, Marika Bührmann, Yves Bélorgey, Lilian Bourgeat, Jean-Baptiste Bruant, Mircea Cantor, Willem Cole, Gérard Collin-Thiébaut, Marc Couturier, Jeremy Deller, Marie Denis, Daniel Dewar et Grégory Gicquel, Song Dong, Lili Dujourie, Eric Duyckaerts, Valie Export, Luciano Fabro, Christelle Familiari, Bernard Faucon, Barry Flanagan, Bernard Frize, Hamish Fulton, Michel Gerson, Toni Grand, Marie-Ange Guilleminot, Fabrice Gygi, Raymond Hains, Mona Hatoum, Jim Hodges, Rebecca Horn, Thomas Huber, Fabrice Hyber, Ann Veronica Janssens, Anne-Marie Jugnet, Jeong-a Koo, Claude Lévêque, Urs Lüthi, Robert Malaval, David Medalla, Mathieu Mercier, François Morellet, Laurent Moriceau, Deimantas Narkevicius, Paul Noble, Antoinette Ohannessian, Kristin Oppenheim, Orlan, Gabriel Orozco, Gina Pane, Yan Pei-Ming, Giuseppe Penone, Emmanuel Pereire, Régis Perray, Abraham Poincheval et Laurent Tixador, Javier Pérez, Jean-Michel Sanejouand, Peter Saul, Roman Signer, Kristina Solomoukha, Pierrick Sorin, Ettore Spalletti, Simon Starling, Narcisse Tordoir, Didier Trenet, Rosemarie Trockel, Patrick Van Caeckenbergh, Xavier Veilhan, Michel Verjux, Jean-Luc Verna, Jean-Luc Vilmouth, Andy Warhol, Gary Webb, Rob Wynne.

Dans le cadre de la biennale Estuaire, Nantes <> Saint-Nazaire, le Fonds régional d’art contemporain des Pays de la Loire présente sur l’île de Nantes, une exposition d’oeuvres de sa collection au Hangar à bananes et une oeuvre de Yan Pei-Ming, 108 brigands (dépôt du Frac) dans le hall d’entrée du Conseil régional des Pays de la Loire jusqu'au 1er septembre 2007.

L’exposition Rouge Baiser propose un déploiement exceptionnel et inédit de la collection du Frac : installations vidéo, sculptures monumentales, peintures, photographies… un ensemble d’oeuvres invitent le spectateur à un parcours au coeur de la création contemporaine dans un site remarquable.

Le titre Rouge Baiser inscrit cette exposition dans le contexte historique de la Ville de Nantes : son activité portuaire, ses quais… métaphore d’un ancien et mythique “quartier rouge”.

Il inscrit également la création contemporaine au coeur des problématiques qui ont marquées l’histoire de l’art : l’esthétique du corps, de la peinture ou de la représentation ou encore la matérialité de l’oeuvre. Enfin, et comme un hommage aux oeuvres majeures de la collection, Rouge Baiser est un clin d’oeil à l’artiste Fabrice Hyber et à sa pièce Un mètre carré de rouge à lèvres (acquise par le Frac en 1993), où le bâton de maquillage se substitue à la peinture et devient matière sur la toile.

L’exposition est rythmée par des ensembles d’oeuvres sélectionnées et réunies par thème. Des espaces sombres ponctuent le parcours et invitent le spectateur à traverser des dispositifs vidéo et sonores où il se retrouve mis en scène au centre de l’oeuvre.

Enfin, les différents espaces proposent un regard multiple et foisonnant sur l’art d’aujourd’hui.

Rouge Baiser est une exposition organisée par le Lieu Unique et le Frac des Pays de la Loire, sur invitation d’Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire 2007.

Le Frac des Pays de la Loire est subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication, Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire, et la Région des Pays de la Loire.



La collection en région

CE N’EST PAS LA GIROUETTE QUI TOURNE, C’EST LE VENT
carte blanche à Pierre Giquel
exposition jusqu'au 7 octobre 2007

OEUVRES DE LA COLLECTION DU FRAC DES PAYS DE LA LOIRE

Jean-Luc Blanc, Patrice Carré, Tony Carter, Patrick Corillon, Christelle Familiari, Anna Gaskell, Laurel Katz, Jean-Claude Latil, Ange Leccia, Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, Laurent Moriceau, Johan Muyle, Patrick Neu, Marcel Odenbach, Roman Ondak, Florence Paradeis, Jack Pierson, Liza May Post, Présence Panchounette, Jean-Jacques Rullier, Jean-Michel Sanejouand, Miri Segal, Didier Trenet, Kara Walker

Le jeudi 13 septembre
. réactivation du Concours de blagues de Laurent Moriceau

DOMAINE DÉPARTEMENTAL DE LA GARENNE LEMOT - GÉTIGNÉ-CLISSON (44)
Route de Poitiers 44190 Gétigné - Clisson T 02 40 54 75 85
http://www.cg44.fr
exposition ouverte tous les jours - 11h à 18h30

« Nous avons bu à la mémoire du Bien-Aimé un vin qui nous a enivrés avant la création de la vigne »
. Ibn Al Fâridh (1181-1235)


A la question d’un journaliste à un homme politique (1) à la réputation d’opportuniste, la réponse fut sans détour : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ». Il était opportun de s’approprier ces mots, et les détourner, pour constituer le titre de l’actuelle exposition. Cette réponse avait sans doute la faculté de proposer une nouvelle vision de l’orientation. Il semblait sensible, dans le cadre d’un choix d’oeuvres à opérer dans une collection, de souligner le rôle qui échoit au sens lorsque celui-ci tourne. En d’autres termes, cette exposition se veut une ode à la Grande Beuverie, titre d’un ouvrage de René Daumal. Ce dernier fut en effet un grand découvreur de territoires aussi inhabituels, irréels, paniquants que plausibles.

Sont ici retenues des oeuvres douées d’une capacité particulière à tituber, et à nous faire tituber, des oeuvres mobiles, ivres, peu sujettes à nous rassurer. Ce qui les légitime pourrait s’apparenter à la perte de l’équilibre, aux ombres, aux duplicités, à la chimère, à des hallucinations, afin que le visiteur devienne à son tour poète, unijambiste pourquoi pas, jongleur, auteur d’un récit qu’il construit au gré de sa promenade, fantôme dans des espaces glissants, incertains. Le monde des apparences et des évidences changé soudainement en univers délocalisé, changeur de formes, échangeur de mots. Un monde aux certitudes géographiques transformées, où les désirs échappent aux convenances, où l’enfance est interpellée parfois violemment, où le cauchemar se substitue au rêve. Un monde qui boîte !

L’occasion est ainsi donnée d’aborder des corps et des univers chancelants, d’interroger notre position de spectateur, mettre en doute la réalité, refuser la rationalité. Comme dans les jeux visuels de Muyle, ou les étonnants renversements offerts par Présence Panchounette, le déséquilibre avec Laurel Katz, Miri Segal, Tony Carter, l’apparente paix avec Jean-Claude Latil, les corps perturbés de Liza May Post, l’inquiétant dialogue entre deux vidéos avec Odenbach. Les dessins tremblants de Didier Trenet, tout aussi perturbants et drôles ou cinglants de Petra Mrzyk et Jean-Francois Moriceau, offensifs de Kara Walker, lancinants et porteurs d’abîmes de Roman Ondak, dressent une cartographie désarçonnante du monde. Ailleurs, persistance du désir et déclarations amoureuses avec Ange Leccia, Christelle Familiari, Jack Pierson, plongée dans les espaces du rêve avec les photographies de Florence Paradeis, ou les songes de Jean-Jacques Rullier, le rêve encore avec la sculpture de Patrick Neu, diffusion et réactivation d’un concours de blagues avec Laurent Moriceau, enfances paradoxales avec Anna Gaskell, Jean-Luc Blanc, Patrice Carré

L’ivresse ouvre des espaces poétiques où se trouvent convoqués des formes inattendues, des lapsus, des rires, où les bizarreries forment de curieuses liaisons qui nous invitent à suivre les conseils d’un Charles Baudelaire d’actualité, décidément : « Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. » (2) A quoi répond comme en écho fraternel la Khamriya d’Ibn Al Fâridh : « Près de ses tavernes, le paralytique marche et les muets se mettent à parler au souvenir de sa saveur. »
- Pierre Giquel, janvier 2007

1) Edgar Faure
2) Le Spleen de Paris, Charles Baudelaire



OEUVRES DE LA COLLECTION DU FRAC DES PAYS DE LA LOIRE

Jean-Luc Blanc, Patrice Carré, Tony Carter, Patrick Corillon,
Christelle Familiari, Anna Gaskell, Laurel Katz, Jean-Claude Latil,
Ange Leccia, Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, Laurent Moriceau,
Johan Muyle, Patrick Neu, Marcel Odenbach, Roman Ondak, Florence Paradeis, Jack Pierson, Liza May Post, Présence Panchounette, Jean-Jacques Rullier, Jean-Michel Sanejouand, Miri Segal, Didier Trenet, Kara Walker.

Cette exposition est le fruit d'un partenariat avec le Conseil général de Loire-Atlantique (Direction de la Culture, Domaine départemental de La Garenne-Lemot).




Source :
Fonds régional d’art contemporain des Pays de la Loire
La Fleuriaye
44470 Carquefou
T 02 28 01 50 00 / F 02 28 01 57 67
contact@fracdespaysdelaloire.com
www.fracdespaysdelaloire.com







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