Grand Prix Littéraire Archambault
Janvier 2001

11 Janvier 2001 - Le 23 novembre dernier, la porte-parole Francine Ruel ainsi que les Librairies Archambault annonçaient la création d’un prix littéraire. Ce prix est doté d’une bourse de 10 000$ qui sera attribué par vote populaire le 23 avril 2001 à l’auteur d’un roman écrit en français. L’éditeur du livre recevra également une bourse de 2000$ servant à promouvoir le livre qui aura été l’heureux élu. Vous avez donc jusqu’au 28 février 2001 pour voter parmi les livres suivants :

Soins Intensifs de Chrystine Brouillet
L’Inspecteur Specteur et La Planète Nète de Ghislain Taschereau
Les Émois d’un Marchand De Café D’Yves Beauchemin
Bethsaïda de Michel Gendron
L’Autruche Céleste de Héana Doclin
Erreur D’Impression de Daniel Bélanger
Novembre La Nuit de Raymond Plante
Alice Court Avec René de Bruno Hébert
Carnets de Naufrage de Guillaume Vigneault
La Conjuration Des Bâtards de Francine Noël
Young Alice de Bernard Claveau
Thana La Fille-Rivière de Louise Simard

J’ai eu la chance de réaliser des entrevues avec trois de ces auteurs, voici ce qu’il ressentait lors de cette soirée :

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GUILLAUME VIGNEAULT :

- Peux-tu nous parler un peu de ton livre «Carnets De Naufrage»?

C’est la pire question que les gens peuvent me poser, s’il y a quelqu’un qui ne sait pas à propos de quoi c’est mon livre, c’est moi. J’ai développé une réponse. C’est l’histoire d’une peine d’amour, rien d’original mais quelque chose d’assez universel. C’est la peine d’amour d’un gars dans la trentaine et la dérive qui s’en suit. C’est d’ailleurs l’idée du titre, c’est un peu la chronique d’une dérive qui n’est pas nécessairement une quête ou un laisser-aller, c’est une espèce d’errance où l’on trouve des repères et où on en cherche d’autres. C’est un type qui se retrouve largué par sa femme et qui part en errance autant sur les plans géographiques, professionnels et amoureux.

- Lorsqu’on t’as annoncé que tu étais en nomination pour le Grand Prix Littéraire Archambault, comment t’es-tu senti?

Lorsqu’on m’a annoncé qu’il existait maintenant un prix, j’étais content parce que des prix significatifs comme ça je trouve qu’il n’y en a pas énormément au Québec. Il y a des prix de Salons du livre, des prix régionaux, il y a le Grand Prix de la ville de Montréal, il y aussi le Gouverneur Général. C’est le fun d’avoir un prix d’importance au Québec qui ne souligne pas seulement de façon symbolique, de façon assez ample et importante le travail des gens qui font ça, qui ne font pas ça pour le sous qui le font pour l’amour de la chose. J’étais ravi et d’être nominé c’était particulièrement satisfaisant.

- Qu’est-ce qui s’en vient pour toi prochainement, est-ce que tu travaille sur un nouveau livre?

Oui, je travaille sur autre chose. Ça avance bien, je prévois ça sans doute pour l’automne prochain, peut-être avant. Vous savez, on ne peut pas prévoir. La façon dont j’approche l’écriture est pleine d’imprévus et d’inconnu comme ça.

- Est-ce que ça se rapproche de «Carnets de Naufrage» ou pas du tout?

Je dirais que ça nage dans les mêmes eaux, mais ça va dans des nouveaux territoires peut-être un peu plus grave. C’est moins une errance légère, plus une errance du cœur qu’une errance géographique. Je ne veux pas descendre «Carnets de Naufrage» je ne le renie pas, mais je pense que ça va peut-être creuser quelques questions qui ont été laissé en suspens dans le premier.


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CHRYSTINE BROUILLET :

- Lorsqu’on vous as annoncé que vous étiez en nomination pour ce prix, comment vous êtes vous senti?

Amusée (rires). Je trouve ça drôle les prix. C’est un très beaux prix, ce que je trouve honnêtement c’est que c’est un cadeau que les libraires font. Les librairies Archambault en prenant cette initiative montrent vraiment que pour eux c’est important la littérature québécoise et qu’ils y croient. On n'a pas tellement de prix de Québec et de cette ampleur là, c’est vraiment remarquable. Nous, les auteurs, notre cadeau c’est d’avoir des lecteurs mais d’être en nomination ça me fait très, très plaisir.

- Pouvez-vous nous raconter l’histoire de «Soins Intensifs»?

C’est un roman policier qui se passe avec mon inspectrice Maud Graham. Ça se passe dans le milieu hospitalier, elle est mêlée à une sombre histoire qui est une mère qui maltraite son enfant. Elle le maltraite sous une forme de maltraitance très rare, c’est le syndrome de Munchausen par procuration c’est un genre de psychose qui fait que les gens qui en souffrent ont un rapport très malsain avec la maladie. Ils veulent être en malade, ils veulent être considérés comme des gens qui connaissent la médecine, c’est donc souvent des gens qui ont voulu être médecin ou infirmière. Lorsqu’ils en souffrent, ils vont faire des choses dangereuses, ils vont ingérer des médicaments qu’ils ne devraient pas, ils vont se mutiler, ils vont faire des choses graves, mais lorsque ça se passe par procuration, elles le font à leurs enfants. Dans le cas de Maud Graham, c’est une mère qui maltraite son petit garçon. Graham se rend compte qu’il y a quelque chose qui cloche, mais avant de savoir que c’est ce syndrome, c’est extrêmement rare, ça existe réellement mais ce n’est pas courant. J’ai rencontré beaucoup de médecins pour faire le livre, j’ai lu beaucoup sur le sujet, c’est rare et heureusement.

- Qu’est-ce qui s’en vient pour vous prochainement, est-ce que vous travaillez sur un nouveau livre?

Oui, je suis en train de souffrir (rires) sur un manuscrit qui va être un roman qui contient du suspens, de l’histoire et de l’amour.

- Il va être disponible quand?

Lorsque je l’aurai fini (rires.) Ça ne va pas aussi vite que je le voudrais, c’est un roman très hybride qui va dans toutes sortes de sens. Alors, je m’arrache les cheveux et je pense à mon ami qui est aussi écrivain et qui dit : «Tu sais Chrystine, dans un roman il y a une seule intrigue c’est comment l’auteure va sortir de ce merdier». (rires). Je dis que je souffre, mais je ne me plains pas, je suis privilégiée de vivre de ma plume, je sais que je suis chanceuse, c’est une souffrance agréable (rires).

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GHISLAIN TASCHEREAU :

- Ce soir vous êtes en nomination pour «L’inspecteur Specteur et la planète nette», pouvez-vous nous raconter l’histoire de ce livre là?

Au départ, les deux romans Inspecteur Specteur ça part d’un principe de base satanique. L’inspecteur c’est quelqu’un qui a déjà rencontré Satan et qui a été obligé, malgré lui, de lui vendre son âme et en échange de ça il est devenu le meilleur inspecteur au monde. C’est une deuxième enquête qui débute avec un squelette trouvé sur le terrain d’un pomiculteur, le squelette 2000 ans et entre les dents du squelette, il y a un petit pommier de quatre ans qui est planté entre les mâchoires, l’enquête débute avec cette découverte là.

- Vous êtes donc en nomination pour ce prix, comment vous sentez-vous?

Je suis très heureux, d’autant plus que c’est une nomination dont le résultat va être révélé par le public et il n’y a rien de plus authentique et de plus véridique que le public, même si ça fait plusieurs mots en hic de suite que je dis (rires).

- Est-ce que d’avoir fait de la télé vous aide à faire des livres, dans le sens où vous mettez plus de mots pour aider les gens à se faire des images?

Non, j’ai toujours été un gars qui a beaucoup, dans mon style d’écriture, donné des images fortes aux lecteurs. La télé ce que ça apporte de plus c’est que ça me donne une visibilité médiatique qui favorise la diffusion des œuvres comme tel. Les gens ne sachant pas qu’un livre existe, il n’y a pas grand chance qu’il l’achète, alors j’ai la chance de faire savoir que j’ai écris des livres et de parler du contenu des livres. Je ne le fais pas seulement à travers les médias électroniques mais je l’ai fait dans les salons du livre où je me suis donné vraiment corps et âme à expliquer aux gens et résumer le contenu du premier livre. Ça a beaucoup servi parce qu’aujourd’hui le bouche à oreille fait le reste du travail et ça m’aide énormément.

- Récemment vous avez fait paraître deux nouveaux livres, «Diane La Foudre» et un livre de réflexions humoristiques. Le livre de réflexion c’était important pour vous, vous vouliez sortir du roman?

Non. C’était des trucs que j’avais accumulé à travers les années, j’en avais 1500 des petites pensées comme ça. Un moment donné, je terminais les corrections de «L’Inspecteur Specteur et la Planète Nette» et les commentaires qu’on m’avait fait. J’étais avec un des mes chums et j’en avais par-dessus la tête, parce que j’ai travaillé fort comme à chaque roman, je fais une petite pause et j’ouvre des dossiers dans mon ordinateur et je me mets à lire des pensées à un des mes chums. Il m’a dit que c’était bon et de le publier, je me suis donc laissé séduire par l’idée de faire un petit livre et de mettre ça sur le marché et les gens sont très heureux et rigolent beaucoup.

- Pouvez-vous nous parler un peu du roman «Diane La Foudre»?

C’est un roman qui part du fantasme de l’invincibilité. C’est l’histoire d’une femme qui se fait frapper par la foudre et par la suite devient invincible, intouchable, inatteignable. Tout ce que cette femme veut c’est la sainte paix et elle ne réussit pas à l’avoir, mais je n’en dis pas plus il faut lire le livre pour savoir comment ça se déroule.

- Qu’est-ce qui s’en vient pour vous prochainement?

Mon Inspecteur Specteur 3 qui est en train de macérer dans ma tête. Je travaille présentement sur un scénario de film que j’ai dû terminer pour le 30 novembre, qui est une parodie de Columbo qu’on espère tourner au printemps ou à l’été 2001.

- Les parodies que vous faisiez dans 100 Limite?

Oui, mais ça va être plus étoffé. C’est quand même plus un long métrage, donc 1 heure et demi. Donc, ça sera pas mal plus étoffé.

Vous pouvez voter dans les différents magasins Archambault ou par le site Internet www.archambault.ca


J’aimerais remercier Caroline Proulx du bureau de Francine Chaloult ainsi que Guillaume Vigneault, Chrystine Brouillet et Ghislain Taschereau grâce à qui j’ai pu réaliser ce reportage.








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