Communiqué



13 statuettes Éloizes remises à Caraquet samedi soir

6 Mai 2007 - L’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick a remis 13 statuettes le samedi soir 5 mai 2007, au Complexe industriel de Caraquet, là ou avait lieu la 8e Soirée des Éloizes. Les prix Éloizes célèbrent annuellement le dynamisme, la qualité et l’originalité du travail des artistes professionnel.l.e.s de l’Acadie des Provinces Atlantiques dans six disciplines artistiques. Ils reconnaissent aussi l’apport des médias, des individus, des entreprises et des organismes qui œuvrent à l’avancement des arts en Acadie.


C’est l’artiste Roméo Savoie qui a reçu le Prix Hommage. Il est également récipiendaire de l’Éloize dans la catégorie Artiste de l’année en arts visuels. Depuis les années soixante, Roméo Savoie exerce sa carrière d’artiste de façon rigoureuse et engagée. Un pionnier des arts visuels en Acadie, il a été un précurseur et un découvreur nourrissant son talent par son anti-conformisme et sa soif de nouveauté. L’exposition de ses peintures entre 1964 et 2004 à la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen de l’Université de Moncton et à la Galerie d’art Beaverbrook de Fredericton en 2006 témoigne de son importante contribution aux arts visuels en Acadie. Aussi en nomination dans cette catégorie : Gilbert LeBlanc - Expositions 2005-2006 et Marie-Hélène Allain - Installation Secrets de Varnes.


Raynald Basque a été honoré dans la catégorie Artiste de l’année en cinéma-vidéo-télévision. Passionné d’histoire, il a scénarisé et réalisé en 2005 le docu-fiction Bootleggers de l’Atlantique, une première réalisation pour lui, un film teinté d’humour et de subtilité. Le film traite de la période des années 20 où la prohibition battait son plein, même en Acadie. En 2005 toujours, il scénarise et co-réalise la série télévisée humoristique La famille Basque. Aussi en nomination dans cette catégorie : Paul Arseneau - réalisateur Le matois ou l’effet Laurie Henri et Christien LeBlanc - réalisateur La légende Bricklin et La famille Basque.


Manon Melanson reçoit l’Éloize de l’Artiste de l’année en danse. La saison 2005-2006 s’est avérée un point culminant dans le cheminement artistique et professionnel de Manon Melanson, interprète, chorégraphe et co-directrice d’Entre-Deux Danse. En plus de la première tournée de la compagnie aux Maritimes, Manon a pris part à plus de 20 prestations sur les scènes régionale et nationale. En tant que chorégraphe, elle a travaillé à deux créations qui sont des extraits d’un tout nouveau spectacle intitulé À fleur de peau. Aussi en nomination dans cette catégorie : Sarah Anthony - interprète et chorégraphe La natte que je porte et Julie Duguay - interprète, Oie migrateur et Gerbera.


L’Artiste de l’année en littérature est Raymond Guy LeBlanc pour Archives de la présence qui regroupe 40 ans d’écriture de celui que l’on surnomme « le poète fondateur ». Le recueil revêt une grande importance dans l’histoire de la littérature acadienne en affirmant la présence, la pertinence et la durée de la poésie. Le recueil a permis au poète de revenir sur les lieux publics afin de livrer sa poésie aux gens. La poésie de Raymond Guy LeBlanc est un délice qui est apprécié sur les scènes de partout. Aussi en nomination dans cette catégorie : Katia Canciani - roman Un jardin en Espagne et Hélène Harbec - recueil Le tracteur céleste.


Isabelle Thériault reçoit l’Éloize pour l’Artiste de l’année en musique. Elle est sans doute l’une des plus jeunes réalisatrice / directrice musicale en Acadie. Elle s’est intéressée très tôt à la composition, à l’orchestration et à l’accompagnement. Aujourd’hui membre et directrice musicale de Ode à l’Acadie, elle a réalisé avec brio le premier album du spectacle. La délicatesse de ses arrangements et la réflexion derrière chacune des décisions font d’elle une très grande artiste acadienne. Aussi en nomination dans cette catégorie : Marie-Jo Thério - album Les matins habitables et Christian KIT Goguen - album éponyme.


Dans la catégorie Artiste de l’année en théâtre, l’Éloize revient à Christian Essiambre pour son rôle dans Conte de la Lune de Philippe Soldevila. Il est difficile de ne pas s’attacher au personnage de Joan Casesnoves-Durante interprété par Christian Essiambre. Le comédien a réussi à camper un jeune garçon espagnol dans un jeu précis, pétillant, athlétique, sensible et humoristique. Grâce à son talent et son engagement, on oublie vite que c’est un adulte qui joue le jeune Joan et on se laisse emporter comme par magie dans la grande aventure qui nous est racontée. Aussi en nomination dans cette catégorie : Lynne Surette - interprète Linoléum et Philip André Collette - interprète Linoléum.


Le Festival international de musique de chambre de la Baie des Chaleurs est choisi Événement de l’année. L’année 2006 marquait le 10e anniversaire du Festival ainsi que le 250e anniversaire de Mozart dont la musique y était à l’honneur. Sous le thème Mozart à la mer, le Festival a offert Mozart à son public dans une palette de sons et de couleurs y incorporant tantôt la danse, tantôt la lecture théâtrale, un choeur et orchestre, cordes, piano, cuivres et harpes. L’événement a également été marqué par une participation accrue de l’auditoire. Aussi en nomination dans cette catégorie : le Symposium des sons nouveaux dans une Acadie plurielle (SSNAP) et l’édition 2006 du Festival littéraire international Northrop Frye, maintenant appelé le Festival Frye.


Le Spectacle de l’année est Conte de la lune, une création du Théâtre populaire d’Acadie et du Théâtre des Confettis en collaboration avec le Théâtre Sortie de Secours. L’auteur et metteur en scène Philippe Soldevila a réuni tous les éléments de cette création acadienne-québécoise dans un métissage heureux entre les talents des créateurs et des interprètes. Le texte traverse l’océan et l’histoire et fait l’éloge de l’imagination, la résistance face aux injustices, la complicité parent-enfant et la beauté. Aussi en nomination dans cette catégorie : Murmure - Théâtre populaire d’Acadie et Chuck et Albert - Spectacle éponyme du duo Chuck et Albert.


L’Éloize dans la catégorie Découverte de l’année va à Samuel-Alexandre Caron. C’est par l’écriture, son premier amour, que Samuel-Alexandre Caron est arrivé à la réalisation. Avec le long métrage Au bout du chemin pour lequel il a effectué la scénarisation, la réalisation et le montage, le jeune artiste a voulu susciter une réflexion et une discussion autour de sujets qui touchent les gens. Il a voulu parler aux jeunes dans ce film et il a réussi son pari. Aussi en nomination dans cette catégorie : Mélanie F. Léger - auteure des pièces Roger Roger et Laura de Montréal et Chuck et Albert - spectacle Chuck et Albert.


L’Artiste s’étant le plus illustrée à l’extérieur de l’Acadie est Marie-Jo Thério. La France découvre de plus en plus cette artiste qu’on décrit comme étant fascinante. Le dernier opus de la grande chanteuse acadienne connaît un grand succès en terre française. Les matins habitables, qui a été conçu pour la distribution outre-mer, réunit de superbes nouvelles chansons et quelques pièces de ses deux premiers albums réenregistrées pour l’occasion. Aussi en nomination dans cette catégorie : Les Paiens - Tournée du spectacle Sphère et Vishten - Série de spectacles en Europe et aux États-Unis 2005-2006.


Le prix pour la Meilleure couverture médiatique revient à Sylvie Mousseau de L’Acadie Nouvelle. Depuis plusieurs années, la journaliste de L’Acadie Nouvelle Sylvie Mousseau consacre beaucoup d’efforts à la couverture des activités culturelles au Nouveau-Brunswick. Elle a également suivi de près certains dossiers importants au niveau provincial dont la politique du livre et l’avenir de l’industrie musicale de la province. Les textes de Sylvie Mousseau sont à la fois rigoureux et rédigés d’une plume de grande expérience. Aussi en nomination dans cette catégorie : Martine L. Jacquot - pigiste culturelle, Le Courrier de la Nouvelle-Écosse et Samuel Chiasson - animateur de Sam à 16 heures, Rdio de Radio-Canada en Atlantique.


Dans la catégorie Soutien aux arts, c’est le Père Zoël Saulnier, de Tracadie-Sheila, qui remporte l’Éloize. Le Père Saulnier a toujours parlé de la culture comme étant une part importante de notre identité collective. Toujours prêt à encourager la relève en Acadie, il a été président fondateur du Conservatoire de musique de l’Acadie et du Comité d’animation culturelle du patrimoine de Tracadie. Le Père Zoël Saulnier a investi son temps et son cœur à l’avancement des dossiers patrimoniaux et culturels dans chacune des communautés qu’il a présidées. Il continue de permettre un dialogue fructueux entre la foi et les arts. Aussi en nomination dans cette catégorie : la Ville de Bouctouche - adoption d’une politique culturelle et la Ville de Moncton - appui aux événements et organisations artistiques.


Enfin, dans la catégorie Soutien à la production artistique, c’est l’entreprise de la région de Trois-Rivières À l’infini communications qui l’emporte. À l’infini communications a la particularité de travailler avec des artistes issus des minorités francophones dont tout particulièrement les Acadiens. Après s’être consacrée à la carrière de BLOU, l’entreprise de Martine et Jocelyne Girard a ouvert ses bras à plusieurs autres dont Mathieu D’Astous. À l’infini communications travaille d’arrache-pied afin de faire valoir le talent des artistes acadiens qu’elle représente dans plus d’une trentaine de pays. Aussi en nomination dans cette catégorie : Paul Marcel Albert - directeur général et artistique du Festival acadien de Caraquet et la Télévision de Radio-Canada en Atlantique - production de spectacles musicaux et partenariats avec le milieu culturel.



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Roméo Savoie reçoit le Prix Hommage à la Soirée des Éloizes

L’artiste Roméo Savoie remporte le Prix Hommage décerné par l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick à la Soirée des Éloizes 2007. C’est son grand complice, l’artiste multidisciplinaire et Lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, Herménégilde Chiasson, qui lui a rendu hommage.

« C’est pour moi un grand honneur et un moment très émouvant de présenter l’Éloize hommage à un ami, à un mentor et à un très grand artiste dont la carrière s’étend sur plus de 40 ans : Roméo Savoie. Il a marqué la société acadienne à la fois par son courage, son engagement et sa détermination à créer ici même une œuvre dont la modernité et la pertinence n’ont pas fini de nous impressionner. Architecte, peintre et poète, Roméo Savoie aura tiré de ces trois fonctions l’inspiration pour créer une œuvre magistrale. Comme architecte, il aura à cœur de participer à la construction d’une nouvelle mentalité, comme peintre, il aura conscience de laisser des traces de cette émouvante entreprise et comme poète, il a réalisé l’importance de trouver un nouveau langage pour dire cette nouvelle réalité dont nous sommes à la fois la suite et l’avenir. Au cours des ans, son travail a fait preuve d’une évolution et d’une vitalité comme il s’en voit peu. Son apport au sein de la création et du fonctionnement de nombreuses galeries d’art aura été fondamentale et sa présence, son encouragement et sa générosité ont fait de lui une figure incontournable et inspirante pour de nombreux artistes étalés sur plusieurs générations. »
― Herménégilde Chiasson (5 mai 2007, Caraquet)


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BIOGRAPHIE
ROMEO SAVOIE


(tirée du site Web de la Galerie d’art Louise et Ruben Cohen de l’Université de Moncton)


Roméo Savoie est né à Moncton, au Nouveau-Brunswick, en 1928. Il détient une maîtrise en arts plastiques de l’Université du Québec à Montréal (1988), un baccalauréat en architecture de l’École des beaux-arts de Montréal (1956) ainsi qu’un baccalauréat ès arts du Collège Saint-Joseph de Memramcook (1950).


Après l’obtention de son diplôme en architecture, il a travaillé jusqu’en 1959 dans plusieurs cabinets d’architectes à Montréal. De 1959 à 1964 et de 1965 à 1970, il a travaillé au Nouveau-Brunswick, seul et en collaboration avec d’autres architectes. En tout, il a réalisé ou collaboré à la construction d’une cinquantaine d’édifices entre 1959 et 1970.


En 1964 et 1965, il effectue un voyage d’études qui l’amène dans quatorze pays européens. Il profite de ce séjour à l’étranger pour visiter des oeuvres d’architecture et d’urbanisme, ainsi que les musées les plus importants d’Europe. Il s’installe pendant trois mois à Carvajal, en Espagne, pour pratiquer la peinture. Suite à une critique positive et aux encouragements d’un peintre français, cet art, qui pour lui n’était alors qu’un loisir, devint une passion. En novembre 1970, et pendant deux ans, il séjourne à Aix-en-Provence, en France, où encore une fois il se consacre à la peinture. C’est à partir de ce moment que sa carrière d’architecte passe au second plan et que sa nouvelle passion prend davantage de place dans sa vie.


Entre 1973 et 1981, il a été professeur à temps partiel au Département des arts visuels de l’Université de Moncton. Il a aussi donné des cours aux adultes, des cours privés et des ateliers à des enfants.


Son implication dans le développement d’infrastructures en Acadie est significative. En effet, il a participé à la création de plusieurs galeries d’art dont la Galerie Sans Nom et la Galerie 12, toutes deux situées à Moncton. Il a également été conservateur de l’exposition rétrospective Les arts visuels en Acadie, tenue à Bouctouche lors du Congrès mondial acadien de 1994. Il s’agissait alors de la plus grande exposition jamais tenue d’arts visuels en Acadie, où furent montrées plus de 230 oeuvres faisant état de la peinture, la sculpture, la gravure, la photo et la céramique acadiennes. Il a aussi été conservateur pour la mise sur pied de la collection de la Fédération des Caisses populaires acadiennes, ainsi que le responsable, concepteur et co-directeur, avec Herménégilde Chiasson, d’Évangéline, mythe ou réalité au Festival international des arts contemporains de La Rochelle, en France.


Depuis 1971, Savoie a exposé ses oeuvres à plus de 30 reprises en solo, et autant de fois en groupe. Ses expositions ont connu beaucoup de succès, notamment depuis 1982. Il a également participé à des performances, réalisé des scénographies pour des pièces de théâtre et publié six recueils de poésie.


Savoie a été boursier du Conseil des Arts du Canada, ainsi que des provinces du Nouveau-Brunswick et du Québec. Il a reçu le prix Miller-Brittain, en 1994, et le prix Strathbutler, en 1998, pour l’excellence dans les arts visuels. Il a également remporté le trophée Éloize de l’artiste de l’année en arts visuels, en 1998, offert par l’Académie des arts et des lettres de l’Atlantique.


À l’été 1997, il a réalisé, in situ à la Galerie d’art de l’Université de Moncton, une peinture murale sur le thème d’Évangéline, soulignant le 150e anniversaire de la publication du poème de Henry Wadsworth Longfellow. Depuis 1998, Roméo Savoie n’a cessé d’exposer en solo, surtout à Moncton et dans la région du Sud-Est; en groupe, ses oeuvres ont été montrées au Nouveau-Brunswick et ailleurs au Canada, aux Antilles, à Bruxelles et à Paris.

En 1999, l’Université de Moncton lui décernait un doctorat d’honneur en arts visuels, en témoignage d’une carrière réussie dans le domaine de la peinture. En 2001, le Festival des arts visuels en Atlantique, tenu annuellement à Caraquet, l’a choisi comme parrain et, en 2002, il a remporté le concours de Parcs Canada pour créer un monument commémoratif marquant le 400e anniversaire de présence française, au lieu historique international de l’Île Sainte-Croix, située entre le Nouveau-Brunswick et le Maine.


Des oeuvres de Roméo Savoie se retrouvent dans les Banques d’oeuvres d’art du Conseil des arts du Canada et du Nouveau-Brunswick, au Musée d’art contemporain de Montréal, au Musée national des beaux-arts du Québec, au Centre culturel canadien de Paris, dans les collections de l’Université de Moncton, de la University of New Brunswick, de la Banque royale du Canada, de la Banque de Montréal, de la Banque nationale du Canada, de la Fédération des Caisses populaires acadiennes, de la Caisse populaire Beauséjour, de Moncton, d’Assomption Vie, de Moncton, et du Groupe SNC-Lavalin, de Montréal.





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