Communiqué



Le Conseil de arts du N-B dévoile les Prix d’Excellence 2007

28 Avril 2007 - Le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick (artsnb) dévoile les lauréats de ses Prix d'excellence, ses Prix École des arts et Lieutenant-gouverneur pour l'oeuvre de toute une vie pour l'année 2007.



L’OEUVRE DE TOUTE UNE VIE

Le prestigieux Prix du Lieutenant-gouverneur pour l'oeuvre de toute une vie dans le domaine des arts est remis cette année à Kathy Hooper. Celle qui a étudié à la Central School of Art à Londre s'installe au Canada en 1962. Kathy Hooper peint et sculpte par besoin, sous l'impulsion de son âme. Ses peintures dérangent alors même qu'elles nous attirent de plus près ; elles n'offrent aucune concession, mais elles expriment pourtant une immense compassion pour leurs sujets. Ses oeuvres figurent dans plusieurs collections publiques et privées et ont été exposées et vues partout au Canada et à l'international.


Le Prix du Lieutenant-gouverneur qui récompense l'oeuvre de toute une vie a été créé en 2005 par Herménégilde Chiasson afin de rendre hommage aux idées et aux rêves les plus durables des artistes néo-brunswickois.



LES PRIX D’EXCELLENCE 2007

Les prix d'excellence de artsnb, d'une valeur de 5 000 $, visent à reconnaître la contribution exceptionnelle de personnes qui se sont illustrées dans le domaine des arts au Nouveau-Brunswick. Ils sont décernés à des artistes qui se sont distingués dans leur métier et qui, par leur succès, établissent de modèles d'excellence artistique dans leur domaine.


Le Prix André-Thaddée-Bourque et Louise-Manny pour l'excellence en musique est attribué à Roland Gauvin, de Moncton. On ne saurait surestimer l'influence de l'auteur-compositeur-interprète sur la scène musicale en Atlantique et à l'international. Il été membre fondateur et moteur de trois groupes de premier plan en Acadie : Roland et Johnny, Les Méchants Maquereaux et la légendaire formation 1755. Il s'est souvent fait l'ambassadeur de la province et du Canada dans le cadre de manifestations culturelles et a donné des spectacles éducatifs et divertissants un peu partout au pays et en France. Il a aujourd'hui une carrière solo bien établie.


Le peintre Stephen May, vivant à Fredericton, mérite le Prix Miller-Brittain pour l'excellence en arts visuels. Stephen May ne craint pas de se mesurer à la vérité nue, nie à la beauté venue de l'intérieur. Ses autoportraits sont directs et illustrent son opinion que « la peinture est une chose qui existe en soi, un corps constitué. L'oeuvre est la somme de tout ce qu'on est quand on l'a fait. » L'artiste qui a grandi au Québec et en Ontario s’est solidement enraciné au Nouveau-Brunswick depuis sont arrivée en 1979 à l'Université Mount Allison.


Serge Patrice Thibodeau est le récipiendaire du Prix Pascal-Poirier pour l'excellence dans les arts littéraires en français. Pour ce poète et essayiste, l’acte de création d’un poème est tout naturel ; les mots débordent de sont subconscient jusqu'à la page. Originaire de Rivière-Verte, il est généralement reconnu comme l'un des poètes les plus importants de sa génération. Ses nombreux livres ont été traduits en douze langues et ses carnets et autres manuscrits sont conservés aux archives nationales à Ottawa.


Le Prix Alden-Nowlan pour l'excellence dans les arts littéraires en anglais est décerné à Laurence Hutchman, professeur d’anglais à l'Université de Moncton, campus d'Edmundston. L'oeuvre de Hutchman est reconnue pour sa perspicacité, sa brillance et son originalité. On constate à quel point il aime les mots – leur sonorité comme leur sens – dans la description haute en couleur qu'il fait de personnages, d'endroits, d'incidents et d'expérience de vie. Promoteur dévoué de la littérature de langue anglaise, il a occupé des postes d'enseignement aux États-Unis, en Irlande et en Chine.


Le Prix de l'artiste en début de carrière de l'année est décerné à Caleb Marshall. Jeune artiste émergeant en théâtre originaire de la Miramichi, Caleb Marshall a foulé les planches du Stratford Festival au Canada et du théâtre Old Vic à Londre. Il a été assistant metteur en scène à Theatre New Brunswick et au NOT The National au Royaume Uni, et il a mis en scène ses propres oeuvres au Fringe Festival de Toronto et au Collège George Brown.



L’ÉCOLE DES ARTS

Le Prix école des arts, un partenariat entre artsnb et le ministère du Mieux-être, culture et sport, d’une valeur de 3 000 $ a pour but de reconnaître deux écoles publiques de la province, une francophone et une anglophone, qui ont, par leurs efforts au cours de la dernière année, favoriser les arts d'une manière novatrice et communautaire. Les récipiendaires des prix pour l’année 2007 sont la Polyvalente Louis-.J.-Robichaud de Shédiac et l'École élémentaire de Lower Lincoln, près d'Oromocto.


La Polyvalente Louis-J.-Robichaud est une école d'où émanent de nombreux projets artistiques extraordinaires. Ses regroupements de musique, de théâtre, de danse d'arts visuels et de création littéraire permettent aux élèves de créer et de s'exprimer. Qu'il s'agisse de monter une pièce, de donner un récital de danse ou de jouer en concert sur la plage, leurs prestations apportent aux élèves une joie qui se répercute dans tous les aspects de leur vie.


En 2005, l'école élémentaire de Lower Lincoln a instauré un programme complet d'enseignement des arts touchant les arts visuels, la musique, le théâtre et la danse. Le programme vise à ce que les enfants soient fiers d'eux-mêmes et puissent vivre concrètement l'expérience des arts afin de comprendre la nécessité de l'expression créative dans leur propre culture canadienne. L'impact de ce programme innovateur a dépassé toutes les attentes avec des résultats scolaires plus élevés, non seulement en beaux-arts, mais partout.



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Kathy Hooper

Kathy Hooper a toujours su qu’elle voulait être artiste, même petite fille lorsqu’elle gambadait en toute liberté sur une ferme d’Afrique du Sud. Dans son travail comme dans la vie, elle étudie les rapports qui se créent entre les gens, les animaux et la terre. Toute sa vie, elle a cherché à démêler ces liens afin d’illuminer pleinement le sens de notre existence dans l’univers. Elle peint et sculpte par besoin, sous l’impulsion de son âme.

Durant ses études à la Central School of Art, à Londres, Hooper tombe sous l’influence d’artistes d’une sensibilité artistique sans compromis. Francis Bacon révélait à quel point la figure pouvait être modifiée sans perdre son essence; Georgia O’Keeffe quittait le monde des arts pour suivre sa propre vision artistique. Hooper cède au même mouvement et vient au Canada en 1962 avec son mari artiste, feu John Hooper.

Ils s’installent à Hampton et la jeune mère tente de concilier au mieux le soin de ses quatre enfants et les exigences de son énergie créatrice. La communauté qui l’entoure est une oasis, un choix bien avisé et un milieu qui l’inspire, tout en lui donnant le recul nécessaire par rapport à la scène artistique trépidante qu’elle avait connue. Hooper a montré son attachement à sa communauté d’adoption en offrant des ateliers et du mentorat ainsi qu’en siégeant comme jury ou membre de conseils des arts.

Les oeuvres de Hooper figurent dans plusieurs collections publiques et privées et ont été exposées et vues partout au Canada et à l’international. Au fil des ans, Hooper a toujours tâché d’aller au-delà des limites, ce qui fait que ses peintures dérangent alors même qu’elles nous attirent plus près; elles n’offrent aucune concession, mais elles expriment pourtant une immense compassion pour leurs sujets. Kathy Hooper croit que la créativité est un besoin fondamental chez l’être humain; la laisser s’épanouir fait de nous des personnes entières, plus compréhensives et capables de percevoir et de ressentir avec davantage d’empathie. La formule de Hooper est simple : peu importe les difficultés que nous rencontrons, c’est notre manière d’aborder la vie qui compte.


Photo : Karen Ruet


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Roland Gauvin

On ne saurait surestimer l’influence du musicien de Moncton, Roland Gauvin, sur la scène musicale en Atlantique et à l’international.

Cet auteur-compositeur-interprète a été membre fondateur et moteur de trois groupes de premier plan dans la province : Roland et Johnny, Les Méchants Maquereaux et la légendaire formation 1755. Dans les années 1970, époque marquée par les bouleversements politiques et culturels, 1755 a franchi les barrières entre les « deux solitudes » au Nouveau-Brunswick.

Ces « Beatles » de l’Acadie offraient un mélange de musique traditionnelle et de rock qui a donné à l’Acadie un groupe qui lui ressemblait. En même temps, 1755 a fourni à de nombreux jeunes admirateurs anglophones une introduction à la culture acadienne. Roland Gauvin a d’abord fait connaissance avec la musique acadienne auprès de son grand-père, qui lui a fait partager son amour des chansons traditionnelles héritées des ancêtres. Ses leçons de jeunesse sont toujours bien vivantes et Gauvin s’est souvent fait l’ambassadeur de la province et du Canada à des manifestions culturelles partout au pays et dans le monde. Il a conçu des programmes adaptés à un jeune public et a donné des spectacles à la fois éducatifs et divertissants partout au Canada atlantique, en Ontario, dans l’Ouest canadien et en France.

Même si sa carrière de soliste est bien établie, Gauvin se plaît encore beaucoup à collaborer avec d’autres musiciens. Avec le violoneux cajun, Waylon Thibodeaux, il a composé et enregistré la chanson thème du deuxième Congrès mondial acadien en 1999. Dernièrement, il a collaboré avec le chanteur celtique français, Gilles Servat, à une production musicale pour inaugurer l’édition 2007 du Festival Interceltique de Lorient, en France, le plus grand festival de musique celtique d’Europe.

On dit que le charisme, c’est la capacité d’inspirer l’enthousiasme, l’intérêt ou l’affection chez les autres. Roland Gauvin possède une mesure comble de cette qualité. Il en use sans compter afin d’assurer la conservation du patrimoine acadien qui coule au plus profond de son âme de musicien.


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Stephen May

On a souvent dit de lui qu’il est un peintre modèle. En effet, Stephen May ne craint pas de se mesurer à la vérité nue, ni à la beauté venue de l’intérieur. Dans la foulée de maîtres tels que Manet et Van Gogh, des objets familiers — une théière, des poires de travers, un vase de fleurs, une table et des chaises — enregistrent sous son pinceau assuré les qualités évanescentes de la lumière et de la substance, dans des huiles sur toile ou sur masonite. Ses autoportraits sont directs, leur lucidité acérée (presque) au point de faire mal illustrant son opinion que « la peinture est une chose qui existe en soi, un corps constitué. L’oeuvre est la somme de tout ce qu’on est quand on la fait. »

Stephen May a grandi au Québec et en Ontario, mais s’est solidement enraciné au Nouveau-Brunswick depuis son arrivée en 1979 pour fréquenter l’université Mount Allison. Après avoir obtenu un baccalauréat en beaux-arts, il n’a jamais vraiment quitté la province et a fondé sa famille à Fredericton en même temps qu’il y entamait sa carrière. Il a enrichi la vie culturelle de sa ville d’adoption par son propre talent artistique et comme bénévole au sein de la galerie Connexion, de la Fredericton Arts Alliance et du Charlotte Street Arts Centre.

Les oeuvres de May sont présentes dans plusieurs institutions canadiennes, dont la Banque d’oeuvres d’art du Conseil des Arts du Canada, le ministère des Affaires étrangères, la Galerie d’art de l’Université de Moncton, la galerie d’art WKP Kennedy en Ontario et la collection permanente de la Galerie d’art Beaverbrook à Fredericton.

Tom Smart, ancien conservateur de la Galerie d’art Beaverbrook et actuel directeur de la Collection McMichael, estime que l’interprétation que fait Stephen May de sujets de tous les jours force le spectateur à regarder attentivement le monde qui l’entoure et à voir l’univers entier dans les détails. Son style est « fastueux, sensuel, sensible et expressif . . . qualités qu’on retrouve également dans l’oeuvre de Miller Brittain. »


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Serge Patrice Thibodeau

Serge Patrice Thibodeau ne fait pas qu’écrire de la poésie, il la vit. Pour ce poète et essayiste récipiendaire de plusieurs prix, l’acte de création d’un poème coule de source; les mots débordent de son subconscient jusqu’à la page. Son collègue, le poète George Elliot Clarke, dit de Thibodeau que « ses images se présentent si naturellement qu’elles semblent surgir de notre âme à mesure que nous lisons ».

Originaire de Rivière-Verte, cet écrivain de 47 ans est généralement reconnu comme l’un des poètes les plus importants de sa génération. Thibodeau a été le premier Acadien à recevoir le Prix littéraire du Gouverneur général, en 1996, et le seul à recevoir le prestigieux prix Émile-Nelligan. Ses nombreux livres ont été traduits en douze langues et ses carnets et autres manuscrits sont conservés aux Archives nationales à Ottawa. En 2004, il a écrit le livret de l’oratorio Odysséa du compositeur Pierre Michaud commémorant le quatre-centième anniversaire de la fondation de l’Acadie. En plus d’écrire, Thibodeau est un ardent défenseur des droits de la personne.

Il travaille depuis des décennies auprès d’Amnistie Internationale dont il a même été responsable un temps de sa campagne contre la torture. Sa réputation internationale en fait un conférencier recherché, et il jouit d’un respect mérité dans les ambassades canadiennes et les universités partout dans le monde.

Basé à Moncton où il assure la direction littéraire des Éditions Perce-Neige, Thibodeau choisit de vivre dans la simplicité et la pleine conscience; il ne possède ni voiture ni maison. Voyageur international incorrigible, il passe plusieurs mois de l’année dans d’autres provinces, pays et continents, l’oeil ouvert et l’esprit alerte. Son empathie le rend sensible aux gens et aux lieux qu’il visite et se manifeste dans la perspicacité de son écriture.

Serge Patrice Thibodeau effectue en ce moment la première traduction en français du journal du colonel John Winslow, responsable de la déportation des Acadiens de Grand-Pré en 1755. Son treizième recueil de poésie paraîtra ce printemps.


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Laurence Hutchman

S’il ne s’était pas fracturé le tibia à l’été 1966, Laurence Hutchman n’aurait peut-être jamais eu l’idée de prendre la plume. Incapable de participer aux compétitions de piste et pelouse, ce jeune du secondaire découvre la littérature. Après avoir lu le roman de James Joyce, A Portrait of the Artist as a Young Man, Hutchman décide de se faire écrivain. L’Homme révolté, d’Albert Camus, lui donne le goût d’étudier le français. C’est ainsi que Hutchman a entamé la transformation qui a fait de lui le critique littéraire, l’éducateur et le poète que nous connaissons aujourd’hui. L’oeuvre de Hutchman est reconnue pour sa perspicacité, sa brillance et son originalité. Il est l’auteur de sept recueils de poésie et de nombreux articles académiques.

Il est corédacteur en chef de Coastlines: The Poetry of Atlantic Canada. Par ses écrits en français, en anglais ou dans un contexte bilingue, ce talentueux poète a beaucoup apporté à la culture littéraire du Nouveau-Brunswick. On constate à quel point il aime les mots –leur sonorité comme leur sens – dans la description haute en couleur qu’il fait de personnages, d’endroits, d’incidents et d’expériences de vie.

Promoteur dévoué de la littérature de langue anglaise, Hutchman a occupé des postes d’enseignement aux États-Unis, en Irlande et en Chine. Il inspire ses étudiants où qu’il aille. Il a notamment fait connaître un peu plus à fond la littérature canadienne grâce aux entretiens qu’il a eus avec, entre autres, Fred Cogswell, Al Purdy, Roo Borson et P.K. Page.

Ancien président de la Writers’ Federation of New Brunswick et ancien membre du bureau de direction de la League of Canadian Poets, Hutchman a aussi fondé le Festival littéraire Alden Nowlan, en hommage à un homme chez qui il admirait la maîtrise de la langue et de la métaphore, l’humour grinçant et la compassion pour l’humanité. Comme le dit son amie et collègue, la poète Liliane Welch : « Il nous fait tous comprendre à quel point la littérature est une force nécessaire dans notre vie. »


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Caleb Marshall

Discipline, engagement et concentration ainsi qu’abondance de talent sont indispensables à l’épanouissement d’un acteur. Chez Caleb Marshall, un autre élément est venu s’ajouter : sa passion pour le conte.

Marshall descend d’une longue lignée de conteurs et de musiciens. Ses arrièregrands- parents jouaient du piano et du violon devant les films muets à Opera House au bord de la Miramichi; son grand-père écrivait de la poésie et sa soeur en fait autant aujourd’hui. Il a pour oncle David Adams Richards, écrivain primé qui lui a appris une leçon vitale, celle d’assumer pleinement le travail qu’on fait. Marshall n’a rien à regretter dans son corpus d’acteur et de metteur en scène déjà impressionnant.

Marshall a foulé les planches du Stratford Festival au Canada et duthéâtre Old Vic, à Londres; il a pris du métier en tant qu’assistant metteur en scène à Theatre New Brunswick et au NOT The National au Royaume-Uni, et il a mis en scène ses propres oeuvres au Fringe Festival de Toronto et au collège George Brown. Artiste en résidence au festival de théâtre NotaBle Acts en 2006, il a mis les bouchées doubles en tenant le premier rôle dans la création de Lutz et en mettant en scène sa propre adaptation de Nights Below Station Street.

Marshall attribue son succès aux leçons dont il a profité au sein de la vibrante scène théâtrale de Fredericton. Philip Sexsmith, de Characters Incorporated, et Peter Pacey, de la troupe Calithumpians, ont tous deux été ses mentors au début de sa carrière. Le premier lui a fait connaître les exigences professionnelles de l’industrie et lui a inculqué un amour indéfectible de la tournée. Le second lui a montré à être vaillant et audacieux, et à faire confiance à son instinct.

Récemment récipiendaire de la prestigieuse bourse de recherche Christopher Plummer, Caleb Marshall passera l’été 2007 au International Actors’ Fellowship du Globe Theatre de Shakespeare, à Londres.


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Polyvalente Louis-J. Robichaud

Un dimanche après-midi d’octobre 2006, l’harmonie de la polyvalente Louis-J.-Robichaud s’est rassemblée à Pointe-du-Chêne, près de Shediac. Sous la direction du professeur de musique, Roland Bourgeois, les quarante-cinq élèves s’installent avec leurs instruments sur la plage, devant leurs parents et amis, dos à la mer. Ils interprètent Hommage à la baie, composé pour la circonstance par Richard Gibson. Le compositeur basé à Moncton a ménagé dans son oeuvre des moments d’improvisation sur les sonorités du milieu naturel, que les membres de l’orchestre intègrent à leur interprétation de cette oeuvre moderne. Tour de force acoustique, la musique évoque le vent et les vagues, le soleil et la pluie qui se succèdent au cours d’une journée d’automne à la mer. C’était là l’un des nombreux projets extraordinaires qui se réalisent chaque année à la polyvalente Louis-J.-Robichaud de Shediac, une école secondaire faisant montre depuis longtemps d’un grand dévouement pour l’enseignement des arts.

Ses regroupements de musique, de théâtre, de danse, d’arts visuels et de création littéraire permettent aux élèves de créer et de s’exprimer. Dans les années 1990, la très estimée comédienne acadienne, Viola Léger, a participé à l’édification du programme d’art dramatique qui permet aujourd’hui aux jeunes d’écrire et de produire leurs propres pièces de théâtre. Ils participent chaque année au Festival littéraire Northrop Frye et le club d’écriture Plume d’or écrit des livres pour enfants, notamment La peur de Manou, illustré par la bibliothécaire scolaire, Anne Boudreau, et publié en 2005 chez Bouton d’or Acadie, à Moncton.

Luc Michaud, directeur de la polyvalente Louis-J.-Robichaud, est convaincu que leurs expériences artistiques sont pour les jeunes une source profonde de motivation. Qu’il s’agisse de monter une pièce, de donner un récital de danse ou de jouer en concert sur la plage, leurs prestations apportent aux élèves une joie qui se répercute dans tous les aspects de leur vie.


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École élémentaire de Lower Lincoln

En 2004, la directrice de l’école élémentaire de Lower Lincoln, Rosa McEwing, a pris une décision qui allait avoir une grande influence sur la vie des élèves, sur celle de leurs enseignants et sur l’ensemble de la communauté. Grande amatrice d’art, elle a entrepris de créer un programme complet d’enseignement des arts, une version miniature des études universitaires en arts. Un an plus tard, le programme était en marche, avec la participation enthousiaste de tous les membres du personnel enseignant et de chacun des deux cents élèves de l’école. On a demandé à chaque enseignant de s’occuper d’une forme artistique — arts visuels, musique, théâtre ou danse — et de devenir le spécialiste de l’école dans cette discipline. Une fois par semaine, durant l’après-midi de beaux arts, des groupes d’enfants se rendaient dans différents locaux de l’école pour suivre des cours d’art.

Le club d’art dramatique se rencontrait dans une classe et, dans une autre, le choeur de cloches sonnait son répertoire; sur l’estrade, des enfants apprenaient à s’exprimer par la danse créative; dans le local des arts visuels, un autre groupe apprenait la sculpture et l’estampe. L’impact de ce programme innovateur a dépassé toutes les attentes. Les résultats scolaires étaient plus élevés, non seulement en beaux-arts mais sur toute la ligne, dans toutes les matières. De plus, les élèves avaient acquis des compétences et une confiance en soi qui les ont amenés à se tourner vers la communauté.

Ils ont monté un dîner-théâtre pour les parents, installé une grande exposition d’art dans la ville d’Oromocto et participé aux festivals provinciaux de musique et d’art dramatique où ils ont mérité de nombreuses récompenses. Les principes directeurs de ce programme sont clairs et incontournables.

Les enfants ont besoin, d’une part, de se sentir fiers d’eux-mêmes et, d’autre part, de vivre concrètement l’expérience des arts afin de comprendre la nécessité de l’expression créative, dans leur propre vie et dans le contexte de la culture canadienne. À l’école de Lower Lincoln, on a pu constater qu’une bonne estime de soi se développe immanquablement chez les enfants qui s’épanouissent dans la créativité.


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Programme des Prix d’excellence



Prix du Lieutenant-gouverneur pour l’oeuvre de toute une vie dans le domaine des arts

Claude Roussel (2005)
Gloria Richard (2006)



Prix André-Thaddée-Bourque et Louise-Manny pour l’excellence en musique

Janis Kalnins (1984)
Richard Gibson (1991)
Ruth Boswell Schiller, OC (1992)
Robert Charlton Bayley (1994)
Rosemarie Landry (1996)
Sister Lorette Gallant (1998)
Michel Cardin (2001)
Wendy Nielsen (2002)
Richard Hornsby (2004)
Ludmila Knezkova-Hussey (2005)



Prix Miller-Brittain pour l’excellence en arts visuels

Yvette Bisson (1984)
Claude Gauvin (1991)
Yvon Tilmon Gallant (1992)
Roméo Savoie (1994)
Molly Lamb Bobak (1999)
John Hooper (2000)
Freeman Patterson (2003)
Claude Picard (2004)
Gerard Collins (2005)
Roger Vautour (2006)



Prix Pascal-Poirier pour l’excellence dans les arts littéraires en français

Ronald Després (1984)
France Daigle (1991)
Gérald Leblanc (1993)
Reverend Père Anselme Chiasson (1995)
Raymond Guy LeBlanc (1998)
Claude LeBouthillier (2000)
Antonine Maillet (2002)
Herménégilde Chiasson (2003)



Prix Alden-Nowlan pour l’excellence dans les arts littéraires en anglais

Alfred G. Bailey (1984)
Clara Kathleen (Kay) Smith (1991)
David Adams Richards (1993)
Fred Cogswell (1995)
Robert Gibbs (1998)
Nancy Bauer (1999)
Elizabeth Harvor (2000)
Douglas Lochhead (2001)
M. Travis Lane (2003)



Prix de l’artiste en début de carrière de l’année
(décerné auparavant sous le titre du Prix de la Fondation pour l’artiste en début de carrière de l’année)

Julien LeBlanc (2002)
matt robinson (2003)
Les Muses (2004)
Whitefeather (2005)
Jacob Powning (2006)



Prix École des arts

Leo Hayes High School (2004)
École Grande-Rivière (2004)
Cité des jeunes A.-M. Sormany (2005)
Montgomery Street Elementary School (2005)
École Notre-Dame (2006)
Keswick Valley Memorial School (2006)



Prix pour l’excellence en arts cinématographiques

Jon Pederson (1991)
Herménégilde Chiasson (1992)
Léonard Forest (2005)



Prix Kjeld et Erica-Deichmann pour l’excellence dans les métiers d’art

Thomas R. Smith (1984)
Peter Powning (1991)
Gordon Dunphy (1993)
Nel Oudemans (1995)
Susan Vida Judah (2000)
Brigitte Clavette (2002)



Prix pour l’excellence en théâtre ou en danse

Harriet Gratian, Dance (1991)
Viola Léger, Theatre (1995)
Diane Moore, Dance (2004)
Alisa Palmer (2006)



Prix pour l’excellence en développement culturel communautaire ou enseignement des arts

Mathieu J. Duguay (1992)
Marguerite Maillet (1994)
George F. Fry (1994)
Mary Blatherwick (1996)
Brigid Toole Grant (1998)
Audrey Côté St-Onge (1999)
Ilkay Silk (1999)
Normand Robichaud (2001)
Ludmila Knezkova-Hussey (2001)
Shirley Bear (2002)
Claudette Thériault (2003)
Martine Thériault (2004)
Tony Merzetti (2005)
Charlotte Glencrosss (2006)



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artsnb est la marque de commerce utilisée par le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick dans l’administration de ses programmes de subvention pour artistes professionnels.

Le Conseil des arts fut établi en 1989 dans le cadre de la politique des beaux-arts du gouvernement provincial. Avec la révision de la Loi sur le Conseil des arts, en 1999, l’organisme devient une agence autonome gouvernée par douze membres bénévoles dont la majorité doit exercer une profession artistique. Le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick a le mandat suivant : Faciliter et promouvoir la création artistique ; Faciliter l’appréciation, la connaissance et la compréhension des arts ; Conseiller le gouvernement sur la politique à l’égard des arts ; Réunir la communauté artistique et devenir son porte-parole ; Gérer les programmes de financement à l’intention des artistes professionnels.

Les programmes de subvention évalués par jury de artsnb sont des éléments essentiels dans le financement des arts au Nouveau-Brunswick. artsnb offre un appui continu aux artistes professionnels par le biais de ses programmes de bourses d’études dans des disciplines artistiques et de développement professionnel, de création artistique et de documentation pour les artistes établis et ceux en début de carrière ainsi que par des programmes de reconnaissance tels que les Prix d’excellence.

Les Prix d’excellence de artsnb visent à reconnaître la contribution exceptionelle de personnes qui se sont illustrées dans le domaine des arts au Nouveau Brunswick. Les Prix d’excellence sont décernés à des artistes qui se sont distingués dans leur métier et qui, par leur succès, établissent des modèles d’excellence artistique.

En 2005-2006 s’ajoute le Prix du Lieutenant-gouverneur pour l’oeuvre de toute une vie dans les arts. Ce prix est accompagné d’une présentation de l’oeuvre du ou de la récipiendaire pour souligner sa contribution à la vie culturelle du Nouveau-Brunswick.

Le prix École des arts a pour but de reconnaître deux écoles publiques du Nouveau-Brunswick qui ont, par leurs efforts au cours de la dernière année, favorisé les arts d’une manière novatrice et communautaire. Offert depuis 2004, le prix est parrainé par artsnb, en partenariat avec la Direction du développement des arts du Ministère du Mieux-être, Culture et Sport du Nouveau-Brunswick. Deux prix sont attribués à une école anglophone et à une école francophone qui sont des modèles pour les activités artistiques scolaires.









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