Un détour par la science entraîne Johanne Girard vers l'écriture. D'abord reçue infirmière en 1977, son diplôme lui permet de s'envoler vers l'Europe. La poésie y prend forme entre les pages d'un journal et les histoires se succèdent les unes aux autres. Quelques années plus tard, Johanne choisit une carrière en écologie. Bachelière en Sciences (1984), elle quitte Montréal pour l'Estrie. Un emploi de coordonnatrice en écologie l'attend à l'Atelier ô Monde de Saint-Venant-de-Paquette.
Puis, en juillet 1990, Sorel, sa ville natale l'accueille à nouveau avec sa jeune famille. Participante au concours Millefeuille, animé par Gaston L'Heureux, cette contribution lui vaut une place dans un recueil parmi d'autres textes publiés aux éditions XYZ. Encouragée, elle s'inscrit au certificat en création littéraire à l'UQAM. Là, se créent des liens d'amitié et de complicité qui raniment des projets d'écriture.
Aujourd'hui, Johanne Girard ne peut envisager sa vie autrement qu'entre ces rencontres d'auteurs et ces ateliers d'écritures qu'elle anime. Ses textes, qui naissent la plupart du temps à la frontière de la littérature générale et du fantastique, sont parfois publiés. Il lui arrive même de fréquenter certaines sociétés littéraires ; en SF ou ailleurs.
. Lancement du livre d’art La Géométrie du coeur
Johanne Girard jongle subtilement avec les mots. Son écriture est recherchée, sans ostentation, précise, percutante.
L'âme du Québec bat dans les veines de cette écriture. Ses cavales nous entraînent au coeur du monde. Les vieux pays sont très présents, des bords de mer aux neiges éternelles les passions croisent le fer dans des lieux de feux et de glaciers. Les hymnes à l'amour se répercutent à travers les montagnes rebondissant d'écho en écho.
Ses textes pleins de verve et d'état allient la sobriété à la puissance, la concision à la beauté. Sorcière ou magicienne ? Qu'importe, elle nous envoûte.
Marianne Hubert, Éditrice, La Sauvagine, Québec-Suisse
« L'Homme de plume » pp.198-199
« Peu à peu, une silhouette prit forme sur la feuille (…). Un corps de papier se mouvait sur une page dorénavant séduite d'encre et de traits de caractère. La femme de papier renaissait de l'invisible cendre. Déconcerté, l'homme de plume s'immobilisa. La femme (…) sortit des limbes et l'enfourcha comme une amazone, offrant des seins qui narguaient sa nudité d'homme. Elle l'entoura de ses bras translucides, l'enlaça avec des cuisses amoureuses et des mains nomades. Il était envahit de partout par des traits d'encre qui ficelaient son âme, son corps, son esprit. La dame blanche prenait possession du territoire désiré. Le désir, quant à lui, brûlait les pages abandonnées sur le plancher ».
Éditions XYZ, la revue de la nouvelle, # 71 pp. 7-12
« Les jours et les nuits qui suivirent défilèrent sans incident. Aurélie et Ulysse finirent par dormir le parfait bonheur. L'un étant l'ombre de l'autre. Pour elle, d'ailleurs, les heures consacrées à la vie diurne perdaient, peu à peu, de leur substance. Les coussins et le ciel de lit, les draps, le chat étendu conviaient Aurélie à plonger dans une mer de voluptés et de rêveries. Tout se fondait, se confondait. »
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