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Louis Belzile
Né à Rimouski, le 17 avril 1929, Louis Belzile est cofondateur du
« Mouvement plasticien »
et signataire du « Manisfeste des plasticiens » en février 1955.
Depuis 1952, il a participé à une centaine d'expositions individuelles et collectives.
Ses oeuvres sont aujourd'hui présentes dans les principaux musées au Québec, au Canada et
en Europe.
FORMATION
1960-1961 :
. École des Beaux-Arts de Montréal - (Québec - Canada)
1958 :
. Baccalauréat en Arts de l'Université de Montréal - (Québec - Canada)
1953-1954 :
. Atelier André Lothe, Paris - (France)
1948-1952 :
. Ontario College of Art, Toronto - (Ontario - Canada)
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Les Plasticiens sont des peintres qui se sont réunis quand ils ont constaté que
la similitude d'appparence de leurs peintures relevait d'une concordance dans
leur conduite de peintre, dans leur démarche picturale et dans leurs attitudes
envers la peinture et dans la société humaine.
Comme le nom qu'ils ont choisi pour leur groupe l'indique, les Plasticiens s'attachent
avant tout, dans leur travail, aux faits plastiques : ton, texture, couleurs, formes,
lignes, unité finale qu'est le tableau, et les rapports entre ces éléments. Éléments
assumés comme fins. Cette conception de la peinture se passe de justification, ou
plutôt, elle la trouve dans ce fait en apparence banale : les Plasticiens font de la
peinture parce qu'ils aiment ce qui est particulier à la peinture. C'est, en outre,
une conception qui correspond à la liberté isolée du peintre dans le monde contemporain.
En étant arrivés à renoncer à peu près entièrement à toute attitude romantique de
la peinture comme moyen d'expression conscient, les Plasticiens peuvent retrouver
cette naïveté artisanale que caractérise l'absence de tout orgueil généralement
associé avec une prise de conscience partielle de soi. Les peintures des Plasticiens ne
sont pas les visages de choix, mais ceux d'ultimes nécessités, d'inévitables obsessions,
de réductions transcendantales. Le niveau de connaissance auquel les peintures font
appel dans leur genèse et dans leur unité, est en définitive celui de l'intuition et
non pas de la science. Si leur nécessité apparaît plus logique qu'intuitive, c'est que
la simplication des moyens conduit à un résultat épuré conventionnellement admis comme
excluant la personnalité.
La portée du travail des Plasticiens est dans l'épurement incessant des éléments
plastiques et de leur ordre; leur destin est typiquement la révélation de formes
parfaites, dans un ordre parfait. Leur destin, et non pas leur but, étant donné qu'ils
travaillent dans l'amour du moment présent. Les Plasticiens n'admettent pas la
postulation à priori de ce qui est élémentaire et de ce qui est parfait. Pour eux, ce
ne sont pas là des données, mais des acquisitions que seul le travail individuel dans
la plus entière liberté peut permettre de faire. Leurs découvertes peuvent coïncider,
mais ils n'ent croient pas pour autant avoir touché une vérité objective.
Les Plasticiens ne se préoccupent en rien, du moins consciemment, des significations
possibles de leurs peintures. Mais comme en ne cherchant pas à lui donner une valeur
littérale, ils n'excluent aucune des significations inconscientes possibles, elle
devient de ce chef, le reflet de leur propre humanité. En somme, les Plasticiens
obéissent à la nature, et c'est pourquoi leurs peintures tendent vers une complète
autonomie en tant qu'objets.
Les Plasticiens ne prétendent pas apporter des apparences tout à fait nouvelles, ni
immuables. Malraux a écrit que les tableaux naissent des tableaux. L'intuition,
même la plus pure s'exprime toujours avec un certain degré par le truchement des souvenirs.
Le travail des Plasticiens s'inscrit également dans l'histoire de la peinture au
Canada et plus spécifiquement à Montréal. La peinture non-figurative a acquis, à Montréal,
ses droits de noblesse depuis les premières expositions automatistes. Elle a pu naître
ailleurs avant, mais elle est véritablement née ici alors. Dans la solution qu'apportent
les Plasticiens au problème posé par leur desir de peindre, la révolution amorcée par
Borduas apparaît comme germinale. La Renaissance avait libéré les arts de la
servitude à un rituel spirituel. Les divers grands mouvements du XIXe siècle et
finalement le Dadaïsme, le Surréalisme et l'Automatisme les ont libérés
de la servitude à un rituel matérialiste. Mondrian a permis de réduire l'ultime
aliénation de l'oeuvre peinte, l'extériorisation de la concertation sur soi-même.
Le véritable rôle de l'artiste est d'engendrer la soif de la vérité. Le sens des oeuvres
est toujours faussé par leur publication. Aussi la mise-au-monde doit-elle le plus
possible coïncider avec la création. Il faut travailler à engendrer un climat
d'inquiétude vis-a-vis des arts de la part du public, et non pas simplement une
familiarité qui tourne facilement au mépris. Il ne reste de spirituel que l'angoisse.
Il n'y a pas, en 1955, d'art sacré ; l'art est sacré. La création qui est aussi
intuition est l'unique forme de la vérité. Est respectable dans son intégrité
tout art vrai. Est respectable dans son intégrité toute oeuvre dont j'ai l'intuition
qu'elle est vraie pour son créateur. C'est là ce qu'on appelle l'amour du prochain,
l'existence de l'autre. Une oeuvre peut n'être pas la création de celui qui l'exécute,
mais de celui qui la regarde ou d'une collectivité, plus simplement.
APHORISMES PLASTICIENS
Ce mode d'existence d'une oeuvre aussi la rend respectable.
Une oeuvre peut être le moment de vérité d'un peuple, d'une civilisation.
Mais le goût, la propension, l'acceptation ne peuvent pas être critères de
vérité : seule l'intuition intuitionnée l'est.
Les Plasticiens
Louis Belzile, Fernand Toupin, Jean-Paul Jerôme, Jauran
Montréal, le 15 février 1955
Dans le cadre du 24e Festival International du Film sur l'Art (FIFA),
un portrait de quatre artistes montréalais ayant publié le Manifeste des Plasticiens
et aphorismes se voit présenter. Les spectateurs pouvaient donc découvrir le parcours de
ces peintres et le contexte qui a donné jour à un mouvement encore bien vivant.
Nous sommes en 1955 à Montréal. Le Refus Global fait beaucoup parler de lui et on se
questionne vraiment sur la valeur de l'art abstrait, non-figuratif, que le public
tarde à affectionner. Les critiques et les galeristes n'en ont que pour les automatistes,
Borduas, Riopelle et autres signataires du célèbre manifeste, sans pour autant leur faire la
vie facile. C'est l'effervescence culturel dans la métropole. En marge de ce courant, un
mouvement clairement géotique et esthétique. Il est propulsé par Louis Belzile, Jauran,
Jean-Paul Jérôme et Fernand Toupin.
Malgré tout, peu de place est laissé à ces nouveaux peintres, souvent jugés en marge
des courants acceptés. Pour se faire connaître, ils exposent dans de petits cafés et
même des librairies!
Du groupe, c'est Jauran, critique d'arts visuels ayant pour vrai nom Rodolphe de
Repentigny, qui mènera la bataille de publicité et de relations publiques. Coup de
critiques et d'articles sur les plasticiens, il aidera le groupe à se tailler une place
parmi les artistes de l'époque et dans le monde des arts visuels..
Jauran trouvera la mort en 1959 dans un accident d'alpinisme dans les Rocheuses.
Aujourd'hui reconnus pour leur exceptionnel travail et leur apport important au
monde de la peinture, ces artistes ont inspiré les Leduc, Juneau, Molinari et autres.
Leur influence sur le monde de l'art québécois est sans contredit.
Le film nous présente une rétrospective des moments ayant mené la rencontre de ces
quatre artistes et leurs fructueuses carrières. Tout au long du portrait, des entrevues
racontées nous font découvrir trois hommes passionnés, au sens de l'humour charmant, et qui
parlent avec une humilité concertante de ce qu'ils ont accompli. Il n'y a pas de doute,
le réalisateur a su capter toute la sensibilité de son sujet. En sortant de la salle de
visionnement, on en veut plus et on ressent la subite envie de courir prendre un
café avec ces attachants messieurs.
Un portrait à voir, autant pour ceux qui veulent parfaire leur histoire des arts
visuels que pour ceux qui veulent découvrir une page d'histoire culturelle du Québec.
L'INTUITION INTUITIONNÉE
UN FILM D'ANDRÉ DESROCHERS
CANADA, 2005
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